A la manière de…

Vincent Munier – High key

Dans le silence gelé de l’aube, le monde retient son souffle. La lumière ne vient pas encore, elle hésite, glisse à peine sur les reliefs comme une caresse timide. Tout est là, immobile, offert à qui sait attendre.

Le vent ne parle pas, il effleure. Il trace des lignes invisibles sur la neige, raconte des histoires que seuls les patients peuvent entendre. Dans cette blancheur infinie, chaque présence devient précieuse, presque irréelle. Une trace, une ombre, un battement de vie suffit à rompre l’éternité du calme.

Alors, il faut se faire discret, presque disparaître. Se fondre dans l’instant, oublier le bruit du monde. Regarder longtemps, sans chercher à saisir. Car ici, rien ne se prend — tout se mérite.

Et parfois, au détour d’un souffle, surgit l’insaisissable : une silhouette qui glisse, un regard qui croise le vôtre, puis s’efface déjà. Il ne reste qu’une émotion fragile, suspendue entre deux silences.

Laurent Baheux – Low Key

Une ligne d’horizon tranche le monde en deux, nette, sans détour. Le ciel pèse, vaste surface tendue où chaque nuance de gris semble contenir une force ancienne. La terre, en dessous, répond par le silence — brute, dépouillée, presque austère.

Rien n’est superflu. Les formes s’imposent d’elles-mêmes : une crête, un arbre solitaire, une étendue minérale. Tout est réduit à l’essentiel, comme si le paysage avait été lavé de toute distraction. Il ne reste que la structure, la présence, l’équilibre fragile entre vide et matière.

La lumière n’adoucit pas, elle sculpte. Elle creuse les ombres, révèle les textures, accentue les contrastes jusqu’à rendre chaque élément presque symbolique. Le regard ne s’échappe pas — il s’ancre, confronté à cette évidence brute.

Ici, le paysage ne raconte pas une histoire. Il impose une sensation. Une force calme, presque primitive, qui tient dans la tension entre l’espace et ce qui l’habite.

David Blackwood – Artiste peintre de Terre Neuve

Le paysage surgit comme une gravure dans la nuit, taillé à même l’ombre et le froid. Les lignes sont dures, presque tranchantes, comme si la terre elle-même portait les cicatrices du vent et de la mer. Rien n’est lisse — tout accroche, tout résiste.

L’horizon n’apaise pas, il menace. Il s’étire comme une frontière incertaine entre le monde des vivants et quelque chose de plus ancien, de plus obscur. Les nuages s’amoncellent en masses lourdes, gravées dans le ciel comme des présages. La lumière, rare, ne console pas — elle révèle, crue et implacable.

On devine des formes qui pourraient être des rochers… ou autre chose. Des silhouettes à peine esquissées, comme des souvenirs ou des fantômes pris dans la matière. Le paysage devient récit, mais un récit sans mots, chargé de tension et d’attente.

Tout semble suspendu dans un instant avant la rupture — comme si la nature retenait encore un secret, prête à le laisser éclater dans un fracas de vent, de glace et de noirceur.

Mankeyfoto – Heurtoir de porte

Heurtoir de porte avec une platine haute ciselée. Sonnette.

Pendant des siècles, le heurtoir de porte, aux différentes formes selon les époques, ancêtre de la sonnette, du visiophone et interphone, permet d’annoncer le visiteur aux occupants des lieux.

Il est souvent situé en hauteur sur la porte. Ainsi, le cavalier annonce sa présence aux occupants, sans descendre de son cheval.

Le heurtoir traverse les siècles. D’abord de la porte d’église à la porte d’habitation, il orne les portes. Enfin, il devient au cours des siècles, une pièce décorative incontournable de celles-ci. Il témoigne également de l’aisance, de la culture et du niveau social du maître des lieux. Finalement, il décline au XXe siècle pour la sonnette.

Les platines qui portent le heurtoir varie selon les époques. Par exemple, au XVIIIe siècle, les platines sont hautes, ciselées et bien symétriques. Elles prennent beaucoup d’importance. Les modèles de type gibecière ou cuisse de grenouille deviennent les maitres incontestables de ce siècle alors que le rond est délaissé. De nombreux modèles sont répertoriés comme la coquille, la corne d’abondance, le lion et le silène, les poissons, le dauphin, la corbeille de fleurs, le coq, la main, la sphère, la pomme, le citron, le grelot, la bague, le chien, le chat, le cygne, le vautour, le fer à cheval etc.

  • Technique photographique visant à texturer l'image originale
  • Heurtoir de porte à Chauvigny - 86 -
  • Technique photographique visant à texturer l'image originale
  • Heurtoir de porte au château de Langeais
  • Heurtoir de porte en volute
  • Heurtoir

Ces heurtoirs populaires demeurent parmi les derniers témoins d’un monde passé dont les symboles s’estompent. Ils n’ont plus guère de temps à résister. Ils deviendront dans les prochaines décennies des objets de musées.

Il est indispensable de les protéger…

Pep Ventosa – Nature

Pep Ventosa est né en 1957 à Vilafranca del Penedès, près de Barcelone, en catalogne. La photographie est devenue la passion de toute sa vie.

« Le travail de Pep Ventosa se concentre sur une exploration du médium lui-même – déconstruire et reconstruire des images photographiques pour créer de nouvelles expériences visuelles » – Artsper

Pour travailler mes prises de vue développées à la manière de …, J’utilise des textures que j’applique sur mes photos de fleurs, de nature morte ou de papillons pour donner un aspect particulier voire spécial afin de créer une ambiance douce et mystérieuse parfois.

  • Technique photographique visant à texturer l'image originale
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  • Technique photographique visant à texturer l'image originale
  • Technique photographique visant à texturer l'image originale
  • Technique photographique visant à texturer l'image originale

Les couleurs ont leur importance également . Elles déterminent les éléments à conserver et ceux à cacher.

Fernlichtsicht : très inspirant !

Il y a des paysages qui ne cherchent pas à être compris.
Ils existent simplement, suspendus entre deux silences, quelque part au bord du réel.

La lumière y est douce, presque hésitante, comme si elle découvrait elle-même le monde qu’elle éclaire. Les formes se détachent lentement, parfois familières, parfois impossibles, et pourtant tout semble à sa place.

On avance sans vraiment bouger.
On regarde sans vraiment voir.

Chaque image devient un fragment d’un rêve éveillé, un instant figé où le temps n’a plus d’urgence. Les horizons s’étirent, les distances se dissolvent, et ce qui semblait lointain devient étrangement proche.

Ce n’est pas un lieu.
C’est une sensation.

Un espace entre les pensées, où l’imaginaire prend doucement le relais du réel.

  • Photomontage artistique surréaliste pour illustration conceptuelle moderne
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